12 décembre 2008

Le dernier adieu

Quand l'être cher vient d'expirer,
On sent obscurément la perte,
On ne peut pas encor pleurer :
La mort présente déconcerte ;

Et ni le lugubre drap noir,
Ni le dies irae farouche,
Ne donnent forme au désespoir :
La stupeur clôt l'âme et la bouche.

Incrédule à son propre deuil,
On regarde au fond de la tombe,
Sans rien comprendre à ce cercueil
Sonnant sous la terre qui tombe.

C'est aux premiers regards portés,
En famille, autour de la table,
Sur les sièges plus écartés,
Que se fait l'adieu véritable.

René-François SULLY PRUDHOMME

3 commentaires:

Ymach a dit…

Souvenir intact.

Cupidon a dit…

C'est beau ! Affectueuses pensées.

le crapaud a dit…

belle interpretation de ce moment vecu par tant de vivants