06 janvier 2009

La lumière m'a donné de belles images des négatifs de nos rencontres.
Je t'ai identifiée à des êtres dont seule la variété justifiait le nom, toujours le même, le tien, dont je voulais les nommer, des êtres que je transformais comme je te transformais, en pleine lumière, comme on transforme l'eau d'une source en la prenant dans un verre, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre. La neige même, qui fût derrière nous l'écran douloureux sur lequel les cristaux de serments fondaient, la neige même était masquée. Dans les cavernes terrestres, des plantes cristallisées cherchaient les décolletés de la sortie.
Ténèbres abyssales toutes tendues vers une confusion éblouissante, je ne m'apercevais pas que ton nom devenait illusoire, qu'il n'était plus sur ma bouche et que, peu à peu, le visage des tentations apparaissait réel, entier, seul.
C'est alors que je me retournais vers toi.

Paul Eluard

2 commentaires:

le crapaud a dit…

magnifique texte! que ca soit etre bon un jour d'entendre ca de la bouche de l'autre! mais,est ce qu'on le merite???????????

La p'tite Grenouille a dit…

Encore faudrait-il savoir le recevoir ! Et bien sûr qu'on le mérite, m'enfin !